La pratique
Demandez à une équipe comment elle va : la réponse tient souvent en un « ça va ». Le ROTI juge une réunion, la météo dit l'humeur du moment, mais ni l'un ni l'autre ne dit si les livraisons restent pénibles, si la dette technique s'accumule ou si l'équipe sait encore pourquoi elle travaille. Le Squad Health Check pose ces questions une par une.
Des cartes, trois couleurs
Le modèle a été publié par Spotify en 2014. Chaque carte porte un sujet, avec deux exemples : à quoi ressemble le vert, à quoi ressemble le rouge. Chacun choisit la couleur la plus proche de ce qu'il vit :
| Couleur | Signification |
|---|---|
| Vert | Tout va bien : on se reconnaît dans l'exemple vert |
| Orange | Des points à surveiller, ni catastrophe ni réussite |
| Rouge | Ça ne va pas : on se reconnaît dans l'exemple rouge |
Le jeu standard reprend les onze cartes du modèle d'origine : facile à livrer, processus adapté, qualité du code, valeur livrée, vitesse, mission, plaisir, apprentissage, soutien, pions ou acteurs, travail d'équipe. Elles couvrent la technique, l'organisation et l'humain : une équipe peut livrer vite et s'ennuyer, ou adorer sa mission et redouter chaque mise en production.
Les cartes de l'équipe
Le jeu standard est un point de départ. Une équipe qui dépend beaucoup du métier, d'une autre équipe ou d'un environnement de test capricieux gagne à en faire une carte, avec ses propres exemples vert et rouge. Dans l'outil, ces cartes rejoignent le jeu de l'équipe et son historique, séance après séance ; à chaque recueil, l'animateur choisit les cartes soumises au vote.
Voter seul, discuter ensemble
Avec des cartes posées sur la table, les couleurs se calent sur celles des premiers à voter. Avec l'outil, chacun vote depuis son téléphone, sans voir les autres votes avant la clôture.
- L'animateur ouvre une séance. Il l'intitule, choisit les cartes ; l'outil affiche un code et un QR code, à projeter ou à coller dans la discussion.
- Chacun vote. Une couleur par carte. Une carte laissée sans couleur ne compte pas, et l'on peut modifier son vote tant que la séance est ouverte.
- L'animateur clôt et révèle. Chaque carte prend la couleur de l'équipe, avec la répartition des votes et sa tendance depuis le recueil précédent.
- L'équipe en discute. On commence par les cartes rouges et celles qui baissent, et l'on choisit une ou deux cartes à travailler d'ici le prochain recueil.
La tendance, plus que la photo
Dans le modèle d'origine, chacun indique aussi, carte par carte, si la situation s'améliore ou se dégrade. L'outil ne le demande pas : il compare la moyenne de chaque carte à celle du recueil précédent, et l'historique de l'équipe montre l'évolution de chaque carte sur les huit dernières séances.
Une carte rouge ne désigne pas un coupable : elle dit où l'équipe a besoin d'aide. Le health check sert à l'équipe et à ceux qui la soutiennent, jamais à comparer ou à classer les équipes entre elles.
Quand l'utiliser
Le health check prend plus de temps qu'un ROTI : il mérite sa propre séance, ou une rétrospective qui lui est consacrée, et un rythme assez espacé pour que les choses aient le temps de bouger.
Il convient
- Rétrospective dédiée, tous les un à trois mois
- Équipe stable qui veut suivre sa santé dans la durée
- Nouvelle équipe ou réorganisation, pour un point de départ
- Accompagnement de plusieurs équipes, pour savoir où aider, avec le bilan inter-équipes
Mieux vaut l'éviter
- À chaque sprint : rien n'a le temps de changer
- Pour comparer ou classer les équipes
- Groupe de deux ou trois : l'anonymat ne tient pas
- Sans temps prévu pour en discuter
Pour juger une réunion, préférez le ROTI ; pour prendre l'humeur du jour, la météo d'équipe, dans le même outil ; pour vérifier que l'équipe croit à un engagement, le vote de confiance.
Retour d'expérience terrain
Rapide, et toujours bien accueilli
Le health check a toujours été très bien accueilli par les équipes. Il est rapide et facile à remplir, aussi bien en direct qu'en asynchrone.
Des pistes pour les ateliers
Il fait émerger rapidement les axes d'amélioration. Ses résultats servent ensuite de matière aux ateliers et aux rétrospectives.
Ce que l'on ne voyait pas seul
La tendance et le bilan, partagés avec tout le monde, permettent aussi d'identifier et de montrer des problèmes que certains membres de l'équipe n'avaient pas vus eux-mêmes. C'est tout l'intérêt du partage des points de vue : chacun découvre ce que vivent ses équipiers.
Limites à garder en tête
- Une couleur cache les écarts. Trois votes verts et trois rouges donnent une carte orange : regardez toujours la répartition.
- Une carte reformulée n'est plus la même. Changer le titre ou les exemples d'une carte en cours de route fausse la comparaison avec les recueils précédents.
- Une tendance se lit sur plusieurs recueils. Une baisse d'une séance à l'autre peut tenir à deux votes ; c'est la ligne de la carte dans l'historique qui fait foi.
- Mesurer n'est pas améliorer. Douze cartes en discussion, c'est trop : une ou deux cartes travaillées vraiment changent plus que tout un tableau commenté.
Côté données : l'outil ne demande ni nom ni compte, n'enregistre ni adresse IP ni heure de vote, et supprime les séances au bout de deux ans. Le détail figure dans les mentions légales.