La pratique
Le Squad Health Check dit à une équipe où elle a besoin d'aide. Quand plusieurs équipes le pratiquent, une autre question se pose : cette carte rouge sur le soutien, est-ce le problème d'une équipe, ou celui de toute l'organisation ? Le premier se règle dans l'équipe, le second demande d'agir au niveau du groupe. Le modèle publié par Spotify était d'ailleurs pensé pour une tribu : une colonne par équipe, une ligne par carte.
Chaque équipe garde la main
Chaque équipe garde son tableau, ses cartes et son historique. Le groupe ne rattache personne : il diffuse un lien d'invitation, et c'est l'équipe qui choisit de le rejoindre, puis, si elle le souhaite, de le quitter.
Ce que le groupe voit est limité : les séances closes d'au moins trois participants, avec leur date et, pour chaque carte, la répartition et la moyenne des couleurs. Ni l'intitulé des séances, ni les votes de chacun, et aucun moyen de modifier quoi que ce soit dans le tableau d'une équipe.
- Le coach ou le responsable crée le groupe. Un nom suffit ; un lien d'animation privé permet d'y revenir, sans compte.
- Il envoie le lien d'invitation aux animateurs des équipes. Le lien peut être renouvelé s'il a trop circulé : les équipes déjà rattachées restent dans le groupe.
- Chaque équipe rejoint le groupe depuis son tableau du Squad Health Check, ou crée son tableau à partir du lien.
- Les équipes font leur health check à leur rythme. Le bilan du groupe se remplit à mesure qu'elles closent leurs séances.
Le dernier recueil de chaque équipe
Le bilan croise les onze cartes du jeu standard et le dernier recueil de chaque équipe. Chaque case prend la couleur de l'équipe pour cette carte, avec une flèche qui la compare au recueil précédent de la même équipe. Les équipes sont rangées par ordre de nom, et un recueil vieux de plus de six mois est signalé comme ancien.
Pour chaque carte, l'outil compte les équipes en vert, en orange et en rouge, et en tire une lecture :
| Lecture | Quand |
|---|---|
| Sujet commun | La carte est rouge dans au moins la moitié des équipes, et dans deux au moins |
| Propre à une équipe | Elle est rouge ailleurs, mais dans moins de la moitié des équipes |
| À surveiller | Pas de rouge, mais de l'orange dans au moins la moitié des équipes |
Les cartes propres à une équipe
Le bilan commun ne porte que sur le jeu standard, la seule base que toutes les équipes partagent. Les cartes personnalisées d'une équipe restent visibles, mais à part, équipe par équipe, avec leur couleur et leur tendance.
La tendance du groupe
Trimestre après trimestre, l'outil donne l'état du groupe, carte par carte : la moyenne des équipes, chacune comptant pour une voix avec son dernier recueil du trimestre ou du précédent. Une équipe qui n'a pas voté ce trimestre n'en disparaît pas, et un recueil trop ancien cesse d'y peser. Une ligne indique combien d'équipes sont comptées dans chaque colonne.
Le bilan ne donne aucune note aux équipes et ne les ordonne pas selon leur santé : il se lit par carte. Sa question n'est pas « quelle équipe va mal ? », mais « où le groupe a-t-il besoin d'aide, et ce sujet dépasse-t-il une équipe ? ».
Quand l'utiliser
Le bilan inter-équipes n'ajoute pas de séance : il reprend les health checks que les équipes font déjà. Il demande en revanche que quelqu'un, au niveau du groupe, se charge des sujets communs qu'il fait apparaître.
Il convient
- Tribu ou département dont les équipes pratiquent déjà le health check
- Coach ou Scrum Master qui accompagne plusieurs équipes
- Harmonisation des pratiques et des outils entre les équipes
- Préparation d'un atelier ou d'une rétrospective inter-équipes
Mieux vaut l'éviter
- Pour évaluer, comparer ou classer les équipes
- En imposant le partage à une équipe qui ne le veut pas
- Équipes qui n'utilisent presque que leurs propres cartes
- Sans personne pour porter les sujets communs
Pour une seule équipe, le Squad Health Check suffit : c'est là que se font les recueils, et que chaque équipe discute de ses propres cartes.
Retour d'expérience terrain
Commencer par son équipe, puis fédérer
Pour harmoniser les pratiques et les outils au sein de l'entreprise et de la tribu, j'ai d'abord mis en place le Squad Health Check dans mon équipe, puis j'ai fédéré les autres équipes autour de lui.
Un état de santé partagé avec tout le monde
L'objectif était de partager et de suivre l'état de santé général des équipes. Le résultat était affiché et partagé avec tout le monde : chacun en avait une vision claire.
Limites à garder en tête
- Toutes les équipes ne votent pas pareil. Une équipe exigeante peut voir orange ce qu'une autre voit vert : la couleur d'une équipe se lit d'abord par rapport à elle-même, avec sa flèche.
- Une équipe, une voix. Une équipe de quatre compte autant qu'une équipe de dix : le bilan dit combien d'équipes ont un problème, pas combien de personnes.
- Le bilan n'est pas une photo du jour. Chaque équipe y figure avec son dernier recueil, quelle que soit sa date : celui d'une équipe qui n'a pas voté depuis huit mois compte autant que celui d'une équipe qui a voté hier. Les recueils de plus de six mois sont marqués « ancien » ; vérifiez la ligne « Dernier recueil » avant de conclure.
- Le partage ne se décrète pas. Une équipe qui craint d'être jugée sur ses couleurs sera tentée de les embellir : elle doit rester libre de quitter le groupe, et le bilan ne doit servir à évaluer personne.
Côté données : les séances de moins de trois participants ne sont jamais partagées, l'outil ne demande ni nom ni compte, et un groupe inactif est supprimé au bout de deux ans, sans toucher à ses équipes. Le détail figure dans les mentions légales.