La pratique
Une rétrospective commence. Chacun arrive avec son sprint en tête : une mise en production difficile, une tension dans l'équipe, une bonne nouvelle. Rien ne s'en dit, et l'animateur déroule son format sans savoir sur quel terrain il s'avance. La météo d'équipe sert à le savoir, en deux minutes, avant de commencer.
Cinq ciels, de l'orage au soleil
Une seule question : quel temps fait-il pour vous dans l'équipe en ce moment ? Chacun répond par un ciel :
| Note | Ciel | Signification |
|---|---|---|
| 1 | Orage | Ça ne va pas |
| 2 | Pluie | Période difficile |
| 3 | Nuageux | Mitigé |
| 4 | Éclaircies | Plutôt bien |
| 5 | Soleil | Au top |
La météo ne juge pas une réunion mais l'état de chacun. En ouverture de rétrospective, elle aide l'animateur à choisir le ton de la séance. En fin de sprint, répétée d'une fois sur l'autre, elle signale une fatigue ou une tension qui s'installe. Un commentaire facultatif accompagne le ciel : quelques mots sur ce qui fait la pluie ou le beau temps.
Pourquoi voter anonymement
En tour de table, les premiers donnent le ton : après trois « soleil », on annonce difficilement un orage. Avec l'outil, chacun vote depuis son téléphone : les résultats restent masqués jusqu'à la clôture, et les commentaires s'affichent dans le désordre.
- L'animateur ouvre une séance Météo. Il l'intitule d'après la réunion qui commence ; l'outil affiche un code et un QR code, à projeter ou à coller dans la discussion.
- Chacun vote. Un ciel, un commentaire facultatif. On peut corriger son vote tant que la séance est ouverte.
- L'animateur clôt et révèle. La répartition des ciels, la moyenne et les commentaires s'affichent pour tous, puis la séance rejoint l'historique de l'équipe.
La moyenne compte moins que les ciels isolés et la courbe : une pluie au milieu des éclaircies mérite une attention discrète, une météo qui se couvre d'un sprint à l'autre appelle une conversation.
Quand l'utiliser
Deux minutes suffisent, à condition d'en faire quelque chose : une météo affichée puis aussitôt oubliée apprend à l'équipe que son humeur n'intéresse personne.
Il convient
- Ouverture de rétrospective, avant de choisir le format
- Début d'atelier ou de séminaire, pour prendre la température
- Période chargée : mise en production, réorganisation
- Besoin de suivre le moral sur plusieurs sprints
Mieux vaut l'éviter
- Groupe de deux ou trois : l'anonymat ne tient pas
- Aucun temps prévu pour en parler
- Crise ouverte : elle appelle une vraie discussion, pas un ciel
- À chaque daily : la question s'use
Gardez un même rituel par historique : la météo d'ouverture des rétrospectives et celle d'un séminaire ne se comparent pas. L'outil permet de créer plusieurs tableaux, un par équipe ou par instance.
Pour juger la réunion elle-même, en fin de séance, préférez le ROTI, dans le même outil ; pour faire le point sujet par sujet, le Squad Health Check.
Retour d'expérience terrain
Avant chaque rétrospective
La météo est devenue pour moi un préalable indispensable aux ateliers de rétrospective. Elle pose le cadre : chacun dit dans quel état il arrive, et l'on sait tout de suite sur quel ton la séance va s'ouvrir.
Elle apporte aussi des éléments de fond. Les commentaires laissés avec la météo font souvent émerger des sujets, que l'on peut ensuite reprendre comme support pendant la rétrospective.
Limites à garder en tête
- Un ciel ne dit pas pourquoi. Sans commentaire, une pluie reste une énigme : invitez ceux qui le souhaitent à en dire un mot, sans jamais l'exiger.
- Une moyenne cache les écarts. Un orage et un soleil font un ciel nuageux : regardez toujours la répartition.
- L'anonymat n'est jamais total. Dans une petite équipe, un commentaire peut trahir son auteur. Rappelez-le, et n'en cherchez jamais l'origine.
- Une météo n'est pas un diagnostic. Elle signale qu'il se passe quelque chose ; c'est la conversation qui suit qui dit quoi.
Côté données : l'outil ne demande ni nom ni compte, n'enregistre ni adresse IP ni heure de vote, et supprime les séances au bout de deux ans. Le détail figure dans les mentions légales.